Deuxième pays d’Europe à retrouver le chemin des urnes après la pandémie de coronavirus, l’Islande votait hier samedi pour son élection présidentielle, avec le sortant Gudni Johannesson ultra-favori pour un deuxième mandat.
Dans le régime parlementaire de l’île nordique, le président islandais, élu pour quatre ans, a en pratique un rôle essentiellement protocolaire. Un seul véritable pouvoir lui revient dans le système politique et il est important: un droit constitutionnel de bloquer la promulgation d’une loi et de la soumettre à un référendum, rappelle l’AFP.
C’est la première fois dans l’histoire de la jeune république qu’un opposant défie un chef de l’Etat dès la fin de son premier mandat, en la personne du candidat de droite Gudmundur Franklin Jonsson, proche de la ligne nationaliste. Ses chances étaient quasi nulles.
Pour ce scrutin à un tour dans ce petit pays de 365.000 habitants, les sondages réalisés depuis début juin prédisaient à M. Johannesson, universitaire sans étiquette de 52 ans, une victoire sans appel avec plus de 90% des suffrages.
“Les sondages ne sont pas des élections, mais l’écart est trop grand pour qu’il puisse vraiment être comblé”, souligne Gudmundur Halfdanarson, professeur à l’Université d’Islande.
L’épidémie de coronavirus, pratiquement éteinte dans l’île boréale avec moins de dix cas actifs, n’aura que peu d’incidence sur l’organisation de l’élection, en dehors d’une demande de distanciation de deux mètres et la présence de gants et de gel désinfectant dans les bureaux.
Après la Serbie dimanche dernier, et avant la Pologne et la France ce dimanche, l’Islande est le deuxième pays à tenir une élection depuis le début des mesures de confinement en Europe.
Johannesson, élu en 2016 comme sixième et plus jeune président depuis l’indépendance en 1944, a navigué entre 76% et 86% d’opinions favorables pendant la majeure partie de son mandat d’après l’institut MMR, soit 25 points en moyenne au-dessus de son prédécesseur.
“Il est vu comme un homme du peuple, pas pompeux, pas toujours très formel. Les Islandais semblent l’aimer et veulent le garder en tant que président”, juge Olafur Hardarson, professeur de science politique et analyste pour la radio-télévision publique RÚV.